Aller au contenu

Christophe Papillon : entraînement en solitaire pendant le confinement

Christophe Papillon a le sourire tenace. Ce sportif au grand cœur n'a pas perdu le moral pendant ces 65 jours de confinement. Malgré les contraintes, il a continué à s’entraîner pour sa traversée de l’Antarctique. Nouvelles fraîches d’un des lauréats 2020 du Prix Tégo de la Solidarité.

Les rares passants ont vu un drôle d'attelage à Lapeyrouse-Fossat (31), durant le confinement. Christophe Papillon, ancien commando parachutiste et sportif accompli, a, dans le respect des règles sanitaires, tiré deux pneus de T4 (les 4X4 militaires). Pourquoi ? Pour continuer sa préparation de l'aventure « Papillon marche sur l'Antarctique », prévue pour l'hiver 2020-2021. Son objectif : récolter des fonds pour les veuves et orphelins des soldats morts pour la France. « Je devais partir fin mars pour le Spilzberg, en Arctique, pas très loin du Groenland, pour m'accoutumer au froid et tester mon matériel. » Mais la pandémie a stoppé net ces préparatifs.

Des pneus à la place de l'équipement de survie

Le lauréat du prix Tégo de la solidarité n'a pas baissé les bras et a tout fait pour garder la forme. « J'ai la chance d'habiter dans la campagne toulousaine. Alors, dans la limite d'un kilomètre autour de chez moi, pendant des jours et des jours, j'ai tracté ces deux pneus pour simuler la traction du traîneau dans lequel j'emporterai tout mon équipement pour la traversée de l'Antarctique. C'est le gros de l'aventure : parcourir entre 20 et 25 km par jour avec une charge de 200 kg. »

Son entraînement a été très perturbé. Ses séances de cryothérapie ont été annulées. « C'était un coup dur. J'allais deux fois par semaine à Toulouse pour des séances à – 84 degrés qui m'aidaient à résister au froid… mais le centre a fermé. Même chose pour mes exercices avec les sportifs qui se préparaient aux Jeux Olympiques. Le coaching et l'émulation m'ont manqué. » Pour autant, Christophe Papillon n'a rien lâché.

Retard certain et moral d'acier

Aujourd'hui, avec le déconfinement, il espère rattraper le temps perdu. Son équipement sera testé en novembre pour un départ prévu en décembre. « Les promesses de dons ont baissé ces derniers temps à cause de la crise. Pourtant, beaucoup de gens me suivent et m'encouragent à ne pas lâcher. J'ai reçu des messages de soutien notamment de la part de militaires et ça me parle car moi aussi j'ai servi. »

Le moral est intact et c'est essentiel pour une aventure dans laquelle la force mentale compte. « Le physique ne joue que pour 20 à 30 % dans l'aventure. Ce qui importe, c'est de parvenir à pallier le fait d'être seul et d'avoir froid. Et d'arriver à réguler son effort, sans perdre ses repères. Lors de ma traversée de l'Atlantique, j'avais des tendinites, des escarres et j'étais au milieu de l'océan. Mais le moral était bon. Je pense que ma carrière militaire m'a permis de me connaître un peu mieux que d'autres et ça aide. »

Pour le reste, il est fidèle à ses valeurs. Le confinement en lui-même ne lui a pas vraiment pesé. « J'ai vécu 64 jours en solitaire dans un espace vraiment exigu. Alors, être chez moi, ça allait. » Il s'est néanmoins porté volontaire pour aider durant la pandémie.

Aujourd'hui, le déconfinement lui permet d'aller plus loin. « Je peux varier les terrains pour m'entraîner, choisir plus de dénivelés, courir sans être limité en kilométrage… »

Quant à une possible annulation de l'aventure, il ne veut pas vraiment y penser. Mais il a prévu un plan B juste au cas où. Car une bonne préparation, c'est aussi cela : prévoir le pire pour ne pas être pris de court.

Dernière minute !

Au tout début de l’été, la nouvelle est tombée : les conséquences de la crise sanitaire ont obligé Christophe Papillon à renoncer à sa traversée de l’Antarctique. Devant l’arrêt brutal du projet, il a activé son plan B et s’est lancé dans une nouvelle et magnifique aventure : il a proposé à des orphelins de militaires de l’accompagner durant l’été pour relever avec lui des défis riches en sensations. A découvrir sur « Papillon – Plan B ».


Date de parution de l'article : 16/06/2020