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Déconfinement : mettez à jour vos vaccins

La crise sanitaire de COVID-19 a entraîné un renoncement aux soins pour beaucoup de français. Aujourd’hui, le  corps médical (HAS, AP-HP, Ministère des Solidarités et de la Santé…) s’unit pour tirer le signal d’alarme,  principalement chez les nourrissons et les personnes fragiles. 

L’ENJEU : NE PLUS REPOUSSER LES VACCINS DE VOS ENFANTS, MALGRÉ LA CRISE SANITAIRE

Depuis le 16 juin 2020, la Haute Autorité de Santé invite ​les personnes qui ont dû reporter les vaccinations de leurs  enfants et nourrissons​ à se rendre chez leur médecin traitant ou leur pédiatre le plus rapidement possible. Vacciner  son enfant est indispensable pour prévenir le risque d’infection chez les nourrissons et les personnes fragiles !

Pour qu’un enfant soit admis en crèche ou dans d’autres collectivités*​ (écoles, centres de loisirs, colonies, gardes  par assistantes maternelles…), il est nécessaire de présenter (au choix) :

  • les pages “vaccination” du carnet de santé (photocopie)
  • un document attestant de la réalisation des vaccins obligatoires selon fonction de l’âge de votre enfant.
  Celui-ci soit être signé par un professionnel de santé habilité à pratiquer les vaccinations.

*​ Si l’enfant n’est pas à jour de ses vaccins obligatoires, une admission provisoire est toutefois possible en crèche,  chez une assistante maternelle ou à l’école. Vous avez alors 3 mois pour régulariser sa situation. Passé ce délai, votre  enfant ne pourra être gardé dans la collectivité. 

EN PRATIQUE : 11 VACCINS SONT OBLIGATOIRES POUR TOUT ENFANT NÉ APRÈS LE 1ER JANVIER 2018

Papillon marche sur l’Antarctique


Les vaccins entourés d’un cadre bleu dans le calendrier ci-dessus sont obligatoires pour tous les enfants nés après le premier janvier 2018. Il s'agit de 11 vaccins, regroupés en 6 injections.

Le principe de la vaccination est de permettre à notre système immunitaire de rencontrer l’ennemi – c’est à dire le  microbe – afin qu’il le reconnaisse plus facilement et qu’il crée ses armes en vue d’une potentielle réelle future  invasion.

La non-vaccination engendre, à l’échelle individuelle, une absence de protection vis-à-vis du pathogène ciblé. A  l’échelle collective, elle empêche l’éradication d’une pathologie - ou du moins la très forte réduction de sa circulation. 

3 CONSEILS À RETENIR

  • Les consultations sont organisées dans le respect des mesures barrières afin de protéger les patients et les  professionnels de santé et d’éviter la transmission du virus SARS-CoV-2 (COVID-19).
  • Un délai rallongé entre deux injections ne dégrade pas la qualité de la réponse immunitaire. Il n’est pas nécessaire de reprendre dès le début le schéma vaccinal interrompu !
  • Les doses déjà administrées doivent être prises en compte. Seules les doses manquantes et le premier rappel doivent être administrés.

...ET 3 IDÉES FAUSSES À BANNIR SUR LE VACCIN

  • L’aluminium, grand méchant loup de la composition d’un vaccin, ne mérite pas sa réputation. La dose maximale  non toxique qu’une personne peut recevoir est estimée à 1 milligramme par kilo par semaine. Soit, pour un enfant  d’un an, environ 10 mg/semaine. Une dose de vaccin contient entre 0,125 et 0,85 milligrammes. Donc aucun risque  que les vaccins du calendrier officiel n’apportent une dose toxique, celle-ci étant d’ailleurs largement inférieure aux  quantités d’aluminium que l’on ingère par notre propre alimentation.
  • La vaccination contre la coqueluche entraînerait un sur-risque de mort inattendue du nourrisson ? Après analyse, il a été confirmé que les enfants concernés avaient été couchés sur le ventre. Le décès est donc sans lien avec la vaccination.
  • Le lien entre l’autisme et le vaccin anti-ROR est en quelque sorte un conte d’épouvante créé de toute pièce par Andrew Wakefield. Nombre de travaux ont par la suite prouvé le caractère frauduleux de toutes ses affirmations.

LES CONSEILS DE L’EXPERT

Les antigènes vaccinaux peuvent donner une petite fièvre. C’est tout simplement signe que le corps se défend  contre l’envahisseur ! Fatigue, maux de tête et douleurs musculaires peuvent aussi être ressentis. Pas  d’inquiétude : l’organisme du nourrisson est tout à fait en mesure de recevoir ces vaccins sans péril pour le  système immunitaire. Comme nous l’avons déjà dit, c’est une manière de l’entrainer et donc de le faire devenir  plus performant, et non un danger pour son bon fonctionnement ! Votre médecin pourra vous prescrire du  paracétamol si besoin.

Certains vaccins peuvent être fait le même jour en deux points d'injection différents. Il est d'ailleurs préférable de  les faire en même temps, selon les recommandations de votre médecin, car le système immunitaire apprend (ou  réapprend lors d’un rappel) tout en même temps. Il n'est pas recommandé de décaler les injections de quelques  jours car cela perturberait son apprentissage.

Les crèmes anesthésiantes ou patch sur la peau sont peu utiles car la douleur de l'injection est plus lié à la  réaction du vaccin dans le muscle que par la peau qui est traversée par des aiguilles micro-fines. 

 

Dr Thierry Manteau, Directeur Médical chez MédecinDirect

Date de parution de l'article : 03/07/2020